Ethique en pratique

Dans sa pratique, chaque professionnel est confronté à des questions éthiques et fait des choix. Éclairages d'experts pour prendre un peu de recul et mieux comprendre certains enjeux et questions éthiques liés à la prise en compte et au développement de la littératie en santé.
Ethique
Littératie

Comprendre les enjeux éthiques liés à la littératie en santé : éclairage d'expert, basé sur les concepts théoriques et des expériences de terrain

Les enjeux éthiques soulevés par la littératie dans le champ de la promotion de la santé

Analyse fondée sur des expériences de terrain, visant à comprendre comment les professionnels font avec l'éthique au quotidien pour adopter des lignes de conduite.

Jean-Christophe Mino - Médecin-chercheur
Membre du département universitaire « Ethique » de la faculté de médecine de l’université Paris Sorbonne. Responsable de la recherche au sein de l’Institut Siel Bleu. Membre du comité d’experts en prévention et en promotion de la santé de Santé Publique France.

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Les enjeux éthiques de l'interprétariat médico-social

Extraits de L'interprétariat médico-social : une exigence éthique. La Santé en action n°442 (Santé publique France). Kotobi L., 2017

Par manque d’organisation et de soutien financier, la possibilité de recourir à un interprète formé demeure peu connue en France et peu accessible aux professionnels du secteur médico‑social.
« La question linguistique a du mal à être pensée et organisée, même si, sur un principe d’égalité, de nombreuses structures accueillent parmi leur public des populations allophones. »

Pourtant, l’interprétariat est indispensable pour que tout patient puisse être – dans l’accès aux soins et à la prévention – sur un pied d’égalité avec l’ensemble de la population. Tout patient doit comprendre ce qu’on lui propose, ne serait‑ce que pour pouvoir donner son consentement éclairé et prendre en charge au mieux sa santé. Le langage est donc une clé.
« Mieux accueillir, mieux soigner, mieux prévenir ou promouvoir la santé demande aux acteurs du secteur médico‑social de réfléchir au sens des actions menées. Et cela passe inévitablement par une adhésion des publics destinataires à qui il est indispensable de traduire ce que l’on propose, pour au moins les en informer et obtenir leur consentement éclairé. »

Récemment, un décret gouvernemental a défini précisément les fonctions de l’interprète linguistique. Et le référentiel de la Haute Autorité de santé (HAS) précise les compétences et les formations requises, en vue de mettre en œuvre des pratiques pertinentes.
« Il existe aussi des non‑dits culturels, des malentendus qui, s’ils ne sont pas repérés par les soignants, mettent l’interprète dans des situations de tension, parfois extrêmes ; cela d’autant plus lorsqu’il s’agit d’un interprète occasionnel (voir, dans les hôpitaux, les listes des personnels parlant une langue étrangère), de fortune – un accompagnant, parfois un enfant, quelqu’un pris dans la salle d’attente – qui peut être amené à faire de graves contresens. »